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Préparer un PDF prêt à imprimer : fonds perdus, résolution, couleurs

Un PDF prêt à imprimer, c’est un fichier qui remplit six conditions : le format fini est exact, les fonds perdus font 3 mm, les textes respectent une marge de sécurité, les couleurs sont en CMJN, les images atteignent 300 dpi à l’échelle 1, et les polices sont incorporées ou vectorisées. Le reste de cet article détaille chacun de ces points, et signale les erreurs que nous rencontrons le plus souvent en contrôlant les fichiers qui nous arrivent.

1. Le format du document

Votre page doit être créée aux dimensions finies de l’imprimé, pas à un format approchant qu’on redimensionnera ensuite. Un A5 se construit en 148 × 210 mm dès l’ouverture du document.

Une mise à l’échelle après coup dégrade tout en même temps : la résolution des images, l’épaisseur des filets, la position des repères. Si vous devez produire une bâche de 3 mètres et que votre logiciel plafonne, travaillez au dixième — 300 mm pour 3000 — et signalez-le nous explicitement. Un facteur d’échelle non communiqué est une source d’erreur permanente.

2. Les fonds perdus : 3 mm, tout autour

La coupe d’un imprimé ne tombe jamais exactement sur le trait. Une pile de feuilles se déplace de quelques dixièmes de millimètre sous la lame, le papier lui-même se dilate légèrement selon l’humidité de l’atelier. Le débord absorbe cette variation.

Concrètement : toute couleur, toute image, tout aplat destiné à toucher le bord du document fini doit se prolonger de 3 mm au-delà de la ligne de coupe. Votre A5 sort donc en 154 × 216 mm, avec les traits de coupe activés à l’export.

Ne confondez pas cette zone avec un cadre décoratif : un liseré fin placé exactement sur le bord fini est un piège. La coupe le rendra plus épais d’un côté que de l’autre, et le défaut sera visible sur chaque exemplaire.

3. La zone de sécurité

La contrepartie du débord est la marge intérieure. Gardez au minimum 3 mm, idéalement 5 mm, entre le bord fini et tout élément qu’il serait gênant de rogner : texte, logo, numéro de page, pictogramme.

Pour un document relié, cette marge doit augmenter du côté du dos. Sur une brochure en dos carré collé, la colle immobilise plusieurs millimètres de chaque page : prévoyez 10 à 15 mm de marge intérieure selon l’épaisseur, sinon le lecteur devra forcer sur la reliure pour lire vos premières lettres.

4. Les couleurs : CMJN, et rien d’autre

L’écran fonctionne en synthèse additive : il mélange du rouge, du vert et du bleu émis par des points lumineux. L’impression fonctionne en synthèse soustractive : elle superpose des encres cyan, magenta, jaune et noire qui absorbent une partie de la lumière. Les deux univers ne couvrent pas le même ensemble de couleurs.

Les teintes les plus exposées sont les bleus électriques, les verts fluo, les orangés saturés et les roses vifs. En RVB ils rayonnent ; converties en quadri, elles s’assagissent. Ce n’est pas un défaut d’impression, c’est une limite physique des encres.

Trois recommandations pratiques :

  • Basculez votre document en CMJN dès le début de la conception, pour voir ce que vous obtiendrez pendant que vous décidez encore.
  • Si votre logo repose sur une couleur exacte, indiquez-nous sa référence Pantone. Nous vous dirons ce que la quadrichromie peut en approcher, et dans quels cas une encre d’accompagnement se justifie.
  • Pour un grand aplat noir, utilisez un noir riche — par exemple 60 % de cyan, 40 % de magenta, 40 % de jaune et 100 % de noir. Un noir composé de la seule encre noire donne une surface grisâtre et légèrement brune.

Une nuance importante : cette recette de noir riche ne s’applique jamais aux textes, ni aux traits fins. Quatre encres superposées sur des caractères de 9 points produisent inévitablement un léger flou de repérage. Le texte noir reste en 100 % de noir seul, et lui seul.

5. La résolution des images

La règle est 300 dpi à la taille d’impression finale. Ce dernier membre de phrase est celui que l’on oublie. Une image de 3000 pixels de large est excellente sur 25 cm et insuffisante sur 50 cm.

Le calcul est immédiat : divisez la largeur en pixels par 118 pour obtenir la largeur maximale en centimètres à 300 dpi. Trois mille pixels donnent donc 25 cm.

Deux exceptions vers le bas, parfaitement légitimes. Le grand format se regarde de loin : une bâche vue à cinq mètres se contente de 100 à 150 dpi, et une très grande enseigne descend plus bas encore sans que l’œil s’en aperçoive. À l’inverse, un trait fin ou un dessin au trait gagne à être fourni en vectoriel ou à très haute résolution, parce que l’œil détecte l’escalier des pixels sur les diagonales bien avant de le détecter sur une photographie.

Et une mise en garde : agrandir une image dans un logiciel n’ajoute aucune information. Le fichier grossit, la netteté non.

6. Les polices de caractères

Deux méthodes, toutes deux valables :

  • Incorporer les polices à l’export du PDF. C’est le comportement par défaut des principaux logiciels de mise en page, mais certaines polices sont protégées et refusent l’incorporation — vérifiez-le plutôt que de le supposer.
  • Vectoriser les textes, c’est-à-dire les transformer en tracés. Le rendu devient inaltérable, mais le texte n’est plus modifiable ni corrigeable. Gardez toujours une version éditable de votre côté.

Un dernier point sur la finesse : en dessous de 6 points, et pour tout texte en négatif — blanc sur fond foncé — la lisibilité devient fragile. Le blanc sur noir a tendance à se refermer parce que l’encre s’étale légèrement sur la fibre. Sur un texte fin en négatif, montez d’un demi-point ou choisissez une graisse supérieure.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Le fichier est en RVB, et personne ne s’en est rendu compte parce que l’écran, lui, affiche tout.
  • Les fonds perdus sont absents : une bande blanche apparaîtra sur un ou deux côtés.
  • Un logo a été récupéré depuis un site web. Une image de 72 dpi prévue pour un écran est inutilisable sur papier.
  • Le recto verso est basculé dans le mauvais sens : le verso est à l’envers une fois le document retourné.
  • Les traits de coupe sont dessinés à la main dans la maquette au lieu d’être générés à l’export, ce qui les place dans la zone imprimée.
  • Le PDF contient une transparence non aplatie qui se comporte différemment selon l’interpréteur.
  • Le document comporte des pages de tailles différentes, ce qui bloque l’imposition.

Comment exporter

Visez un PDF conforme au profil PDF/X, avec les polices incorporées, les images non rééchantillonnées en dessous de 300 dpi, les transparences aplaties, les fonds perdus à 3 mm et les traits de coupe activés. Exportez les pages en simples, dans l’ordre de lecture — pas en planches doubles : l’imposition est notre travail, et un fichier déjà monté en planches nous oblige à défaire avant de refaire.

Envoyez-nous votre fichier, nous le contrôlons

Chaque fichier reçu dans notre atelier de la région liégeoise passe par une vérification avant la mise en production : format, débords, résolution, mode colorimétrique, polices. Si quelque chose cloche, nous vous le signalons avec la correction à apporter plutôt que d’imprimer un document défectueux.

Vous avez un doute sur votre PDF ? Adressez-le nous via la page de contact : nous vous répondons avec un devis sous un jour ouvrable, montants hors TVA.